Toute proche du pont Notre-Dame, autrement appelé "le pont qui se lève" (mais ça c'est une autre histoire....!), la rue de l'Hôpital Notre-Dame a connu bien des vicissitudes. Très récemment rénovée, la rue vêtue de ses nouveaux pavés (tournaisiens?) offre aux passants de beaux bâtiments à observer de plus près, citons l'Académie des Beaux-Arts et le Couvent des Soeurs Noires.

Le sujet du jour est l'élégant édifice néoclassique abritant actuellement un hôtel et un restaurant. Il est vrai que ce n'est pas la façade qui marque le plus lors d'un passage dans cette rue. Si vous ralentissez un petit peu la prochaine fois, ou mieux si vous prenez le temps d'observer la façade, vous pourrez remarquer de petits détails par ci, par là qui racontent l'histoire de ce bâtiment classé en 1985. 

Ce blason aux armes de Tournai, placé au dessus du portail vous indique déjà une des fonctions passées de l'édifice. Construit en 1820, cet ancien hôtel des Volontaires-Pompiers a été édifié en style néo-classique. L'hôtel, en briques recouvertes d'un enduit blanc, est composé d'une cour, elle-même entourée de trois bâtiments. 

 Le tout est enserré par un mur de clôture orné de panneaux. Il comporte un porche à refends (simulant la superposition d'éléments en assise horizontale) qui est surmonté d'une frise surprenante. Cette-dernière est dite "à triglyphes à gouttes"....  

 

Un petit excursus s'impose... qu'est-ce qu'un triglyphe? Nous sommes dans une architecture néo-classique. Le "néo" signifiant que l'on s'inspire d'un mouvement stylistique antérieur, ici le classique, reprenant le vocabulaire de l'architecture gréco-romaine antique. Le triglyphe  (en rouge sur la photo) est constitué dans l'architecture grecque antique de trois glyphes, c'est-à-dire des cannelures verticales. Traditionnellement les triglyphes sont séparées d'un espace, appelé "métope", qui peut comporter des reliefs.

Dans le cas de notre bâtiment, les triglyphes sont entourés de métopes caractérisées par un cercle en relief. C'est la présence de ces cercles qui donne à la frise sont appellation de "triglyphes à gouttes".

Lorsque vous franchissez le portail, la cour intérieure, typique des hôtels de maître de l'époque, dessert les différents bâtiments. Les ailes latérales comptent une travée, tandis que le corps central, plus long, s'étend sur trois travées. Le rez-de-chaussée est caractérisé par sa galerie, rythmée de pilastres toscans et d'un troisième détail étonnant et interpellant. Observer les écoinçons (parties triangulaires entre les arcades).... Ces derniers sont ornés de têtes féminines voilées en semi ronde-bosse. Le voile peut symboliser la pureté (de la mariée) ou au contraire le deuil (de la veuve). Ici, le voile masquant le regard des femmes fait penser à des prêtresses dont le regard voilé symboliserait une quête de vérité, un don de double vue. 

Sous la galerie, un passage cocher vous permettra de rejoindre la rue de la Lanterne, toute proche de la place Saint-Pierre, du piétonnier et de la cathédrale.   

Petite pensée du jour : Lorsque je me balade en ville, je lève les yeux et découvre des détails inattendus.