Lorsque vous vous promenez dans le quartier du château, une tour domine les maisons… Si vous vous rapprochez vous aurez l’occasion d’admirer l’église Saint-Nicolas.

Entièrement en pierre de Tournai, cette église a été construite à la fin du XIIe siècle et achevée au début du XIIIe siècle. Elle portait autrefois le nom de « Saint-Nicolas du Bruille », appellation dérivée du territoire où elle s’implante, la seigneurie du Bruille. Plus tard, elle a pris le nom « d’église du château », tiré du surnom donné à la forteresse construite par Henri VIII en 1515.

L’église Saint-Nicolas est très intéressante car elle illustre par son chœur et sa tour,  la période de transition entre deux styles architecturaux, le roman et le gothique. Les deux tourelles latérales couronnées de toitures coniques témoigne de l’influence persistante de l’architecture romane, tandis que les baies à arc brisé illustre les nouvelles techniques mises en place dans l'architecture gothique. 

 

L'église témoigne également de l’avènement d’un style gothique local, le gothique tournaisien précoce, que l’on retrouve dans la nef avec ses colonnes dotées de chapiteaux à crochets. Cet ornement est typique de ce gothique, également appelé scaldien. On en retrouve de beaux exemplaires dans l'église Saint-Jacques.

La tour raconte elle aussi une anecdote des plus intéressantes. Le projet prévoyait à la base la construction, non pas d’une tour, mais bien de deux tours jumelles ! L’une située sur le croisillon Sud (achevée en 1367) et l’autre placée sur le croisillon Nord. Cette dernière n’a jamais été mise en place.

 

Durant le XVe siècle, l’église va connaître deux changements.

  • Le premier s’opère en 1409 et voit le croisillon Nord devenir une chapelle gothique. Cette dernière sera nommée chapelle des fonts ou chapelle Notre-Dame.
  • Le second est daté de 1496. À cette époque, une nouvelle chapelle dédiée au Saint-Sacrement, parfois appelée chapelle des Anglais, est ajoutée au sud du chœur.

Le portail de la façade attire l’œil. De style néo-gothique, il est caractérisé par son arc brisé, son tympan orné de haut relief et ses mascarons féminins. 

 

L’intérieur est plus difficile à apercevoir. Je m’y suis rendue plusieurs fois et j’ai du jouer de malchance puisque la porte était presque toujours fermée. Je n’ai eu l’occasion que de prendre deux trois clichés, un jour où la porte était entrouverte et l’état des bas-côtés m’a interloquée.

Le sol de l’église est situé en contrebas de la rue, il y a donc des infiltrations fréquentes. Le collatéral gauche porte donc les stigmates de la présence récurrentes de flaques d’eau au pied des confessionnaux et des boiseries de style Louis XIV.

 

Classée en septembre 1936, l’église est une première fois restaurée après la deuxième guerre mondiale. Abandonnée durant des années, le bâtiment est une nouvelle fois restauré en 1982. Utilisée pendant quelques temps par le TAMAT (Centre de la Tapisserie, des Arts Muraux et des Arts du Tissu, dont on a déjà parlé dans cet article sur Dubrunfaut) et lors d’une exposition, mise sur pied par l’ASBL Pasquier Grenier, l’église est restée sans affectation pendant longtemps. L’édifice est actuellement utilisé par la communauté orthodoxe de Tournai.

 

  Pour plus de renseignements sur l'église Saint-Nicolas vous pouvez consulter :

  • BOZIERE, "Tournai. Ancien et moderne"
  • ce blog qui vous propose des visites virtuelles de Tournai et qui a publié un article sur l'église Saint-Nicolas ici