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L'église Saint-Nicolas et le gothique tournaisien

Le 6 mars 2014, 22:34 dans architecture et patrimoine 2

Lorsque vous vous promenez dans le quartier du château, une tour domine les maisons… Si vous vous rapprochez vous aurez l’occasion d’admirer l’église Saint-Nicolas.

Entièrement en pierre de Tournai, cette église a été construite à la fin du XIIe siècle et achevée au début du XIIIe siècle. Elle portait autrefois le nom de « Saint-Nicolas du Bruille », appellation dérivée du territoire où elle s’implante, la seigneurie du Bruille. Plus tard, elle a pris le nom « d’église du château », tiré du surnom donné à la forteresse construite par Henri VIII en 1515.

L’église Saint-Nicolas est très intéressante car elle illustre par son chœur et sa tour,  la période de transition entre deux styles architecturaux, le roman et le gothique. Les deux tourelles latérales couronnées de toitures coniques témoigne de l’influence persistante de l’architecture romane, tandis que les baies à arc brisé illustre les nouvelles techniques mises en place dans l'architecture gothique. 

 

L'église témoigne également de l’avènement d’un style gothique local, le gothique tournaisien précoce, que l’on retrouve dans la nef avec ses colonnes dotées de chapiteaux à crochets. Cet ornement est typique de ce gothique, également appelé scaldien. On en retrouve de beaux exemplaires dans l'église Saint-Jacques.

La tour raconte elle aussi une anecdote des plus intéressantes. Le projet prévoyait à la base la construction, non pas d’une tour, mais bien de deux tours jumelles ! L’une située sur le croisillon Sud (achevée en 1367) et l’autre placée sur le croisillon Nord. Cette dernière n’a jamais été mise en place.

 

Durant le XVe siècle, l’église va connaître deux changements.

  • Le premier s’opère en 1409 et voit le croisillon Nord devenir une chapelle gothique. Cette dernière sera nommée chapelle des fonts ou chapelle Notre-Dame.
  • Le second est daté de 1496. À cette époque, une nouvelle chapelle dédiée au Saint-Sacrement, parfois appelée chapelle des Anglais, est ajoutée au sud du chœur.

Le portail de la façade attire l’œil. De style néo-gothique, il est caractérisé par son arc brisé, son tympan orné de haut relief et ses mascarons féminins. 

 

L’intérieur est plus difficile à apercevoir. Je m’y suis rendue plusieurs fois et j’ai du jouer de malchance puisque la porte était presque toujours fermée. Je n’ai eu l’occasion que de prendre deux trois clichés, un jour où la porte était entrouverte et l’état des bas-côtés m’a interloquée.

Le sol de l’église est situé en contrebas de la rue, il y a donc des infiltrations fréquentes. Le collatéral gauche porte donc les stigmates de la présence récurrentes de flaques d’eau au pied des confessionnaux et des boiseries de style Louis XIV.

 

Classée en septembre 1936, l’église est une première fois restaurée après la deuxième guerre mondiale. Abandonnée durant des années, le bâtiment est une nouvelle fois restauré en 1982. Utilisée pendant quelques temps par le TAMAT (Centre de la Tapisserie, des Arts Muraux et des Arts du Tissu, dont on a déjà parlé dans cet article sur Dubrunfaut) et lors d’une exposition, mise sur pied par l’ASBL Pasquier Grenier, l’église est restée sans affectation pendant longtemps. L’édifice est actuellement utilisé par la communauté orthodoxe de Tournai.

 

  Pour plus de renseignements sur l'église Saint-Nicolas vous pouvez consulter :

  • BOZIERE, "Tournai. Ancien et moderne"
  • ce blog qui vous propose des visites virtuelles de Tournai et qui a publié un article sur l'église Saint-Nicolas ici

Premier dimanche de mars.... on file voir les expo temporaires du moment!

Le 1 mars 2014, 23:39 dans architecture et patrimoine 0

C'est devenu une tradition! Le premier dimanche c'est sacré chez moi ;-) Et pour cause, c'est l'occasion de visiter de nouveaux musées mais aussi de redécouvrir ceux que l'on connait ou que l'on pense connaître!

[Pour ceux qui n'ont pas suivi, le premier dimanche du mois, beaucoup de musées vous accueillent gratuitement! Certains d'entre-eux en profitent également pour organiser des visites guidées ou des animations.]

Pour vous donner envie de bouger et de profiter de ce dimanche muséal, voici quelques photos et impressions des musées tournaisiens qui proposent actuellement une exposition temporaire.

L'expo temporaire dont tous les tournaisiens parlent, notamment sur facebook, c'est celle du musée d'Histoire Naturelle : "Produire de l'électricité du XVIIIe au XXIe siècle" montée par l'ASBL ScienceEcho et le centre SciTech².

Les pièces exposées permettent de retracer la découverte de l'électricité, depuis ses premiers balbutiements jusqu'à la production actuelle (solaire, éolienne, etc.) en passant par  l'électrostatique, les pilles de Volta et l'électromagnétisme d'Oersted et de Faraday. Vous découvrirez des instruments des siècles passés, des illustrations d'expériences d'autrefois, mais aussi des pièces qui se rapprochent beaucoup de celles que l'on connait aujourd'hui. 

Venir voir cette expo, c'est aussi avoir l'occasion de redécouvrir un musée riche et surtout un musée plein d'espaces différents et plein d'animaux des plus habituels aux plus exotiques!

La deuxième expo temporaire que je vous propose de visiter est celle du Musée des arts de la Marionnette.  Centrée sur la personne de Maurice Maeterlinck (1862-1949), l'expo vous emmène dans l'univers de l'écrivain et dramaturge belge, auteur de "Pelléas et Mélisande" et seul belge a avoir reçu le Prix Nobel de Littérature! À travers des photographies anciennes, des écrits, des couvertures de livres, mais aussi des costumes de scènes, l'expo vous permet de pénétrer dans l'univers particulier de Maeterlinck.

Si vous vous demandez, comme moi, pourquoi un tel personnage a été mis à l'honneur au musée des arts de la Marionnette et bien tout simplement parce que ce grand monsieur s'est aussi tourné vers ce moyen d'expression bien particulier en écrivant des pièces destinées au théâtre de marionnettes, telle que "L'Oiseau bleu".

Dès que les pièces de l'exposition temporaire sont derrière vous, (re)partez à la découverte du bâtiment. Le plus impressionnant c'est la cage d'escalier! Les couleurs murales, l'escalier tournant impressionnant,  les communications entre les petites pièces, le parc, le labyrinthe, etc. vous permettront de passer un chouette moment en famille ou entre amis! Les marionnettes, quant à elles, vous feront voyager de culture en culture, à travers l'Europe et les autres continents.

On reproche souvent au musée d'être un lieu où l'on ne peut pas s'amuser, d'être trop conventionnel... Ces deux expositions m'ont permis de passer une après-midi très dynamique et joyeuse en compagnie de ma sister! On a rit, on s'est étonnée, on a retrouvé des endroits que l'on avait visités enfants et surtout on a créé de nouveaux souvenirs. Voilà ce que représente pour moi une visite au musée ;-)

 

Rue de l'Hôpital Notre-Dame, un hôtel néoclassique aux détails étonnants

Le 26 février 2014, 09:04 dans architecture et patrimoine 0

Toute proche du pont Notre-Dame, autrement appelé "le pont qui se lève" (mais ça c'est une autre histoire....!), la rue de l'Hôpital Notre-Dame a connu bien des vicissitudes. Très récemment rénovée, la rue vêtue de ses nouveaux pavés (tournaisiens?) offre aux passants de beaux bâtiments à observer de plus près, citons l'Académie des Beaux-Arts et le Couvent des Soeurs Noires.

Le sujet du jour est l'élégant édifice néoclassique abritant actuellement un hôtel et un restaurant. Il est vrai que ce n'est pas la façade qui marque le plus lors d'un passage dans cette rue. Si vous ralentissez un petit peu la prochaine fois, ou mieux si vous prenez le temps d'observer la façade, vous pourrez remarquer de petits détails par ci, par là qui racontent l'histoire de ce bâtiment classé en 1985. 

Ce blason aux armes de Tournai, placé au dessus du portail vous indique déjà une des fonctions passées de l'édifice. Construit en 1820, cet ancien hôtel des Volontaires-Pompiers a été édifié en style néo-classique. L'hôtel, en briques recouvertes d'un enduit blanc, est composé d'une cour, elle-même entourée de trois bâtiments. 

 Le tout est enserré par un mur de clôture orné de panneaux. Il comporte un porche à refends (simulant la superposition d'éléments en assise horizontale) qui est surmonté d'une frise surprenante. Cette-dernière est dite "à triglyphes à gouttes"....  

 

Un petit excursus s'impose... qu'est-ce qu'un triglyphe? Nous sommes dans une architecture néo-classique. Le "néo" signifiant que l'on s'inspire d'un mouvement stylistique antérieur, ici le classique, reprenant le vocabulaire de l'architecture gréco-romaine antique. Le triglyphe  (en rouge sur la photo) est constitué dans l'architecture grecque antique de trois glyphes, c'est-à-dire des cannelures verticales. Traditionnellement les triglyphes sont séparées d'un espace, appelé "métope", qui peut comporter des reliefs.

Dans le cas de notre bâtiment, les triglyphes sont entourés de métopes caractérisées par un cercle en relief. C'est la présence de ces cercles qui donne à la frise sont appellation de "triglyphes à gouttes".

Lorsque vous franchissez le portail, la cour intérieure, typique des hôtels de maître de l'époque, dessert les différents bâtiments. Les ailes latérales comptent une travée, tandis que le corps central, plus long, s'étend sur trois travées. Le rez-de-chaussée est caractérisé par sa galerie, rythmée de pilastres toscans et d'un troisième détail étonnant et interpellant. Observer les écoinçons (parties triangulaires entre les arcades).... Ces derniers sont ornés de têtes féminines voilées en semi ronde-bosse. Le voile peut symboliser la pureté (de la mariée) ou au contraire le deuil (de la veuve). Ici, le voile masquant le regard des femmes fait penser à des prêtresses dont le regard voilé symboliserait une quête de vérité, un don de double vue. 

Sous la galerie, un passage cocher vous permettra de rejoindre la rue de la Lanterne, toute proche de la place Saint-Pierre, du piétonnier et de la cathédrale.   

Petite pensée du jour : Lorsque je me balade en ville, je lève les yeux et découvre des détails inattendus.

 

 

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